Parler aussi de ceux qui n’ont pu en parler…

Plus de 80 personnes étaient réunies, le samedi 15 février, à Daours, pour l’assemblée générale de l’association départementale « De la Somme à Bellefontaine – 22 août 1914 » .

En présence d’Anne Lejeune, directrice des Archives départementales de la Somme, de Jean-Claude Leclabart, député de la Somme, et de plusieurs élus, un premier bilan des recherches menées par des adhérents sur 430 communes de la Somme a été présenté. Ces recherches effectuées en ligne par 31 bénévoles ont permis d’identifier 4 674 jeunes hommes du département de la Somme, âgés de 20 à 23 ans en 1914, qui ont été lancés, dès le départ, dans les combats de la Grande guerre. 30% de ces jeunes hommes ont été tués pendant la guerre, 30% y ont été blessés et au moins 10% ont été faits prisonniers.

Les premiers mois de la guerre ont été particulièrement meurtriers pour tous ces hommes. En 5 mois, 1 homme sur 6 de la génération des plus jeunes avait déjà été tué. Au-delà des chiffres, l’association a présenté de nombreux exemples trouvés dans les villages de la Somme en insistant sur le sort des appelés qui effectuaient ensemble leur service militaire avant la guerre, évoquant par exemple ces 5 jeunes de Cléry-sur-somme ou ces 6 hommes de Nibas qui effectuaient leur service militaire dans le même régiment, le 120e RI, et dont aucun n’est revenu vivant.

Cette réunion a permis également de découvrir des parcours extraordinaires, comme celui de ce jeune d’Hervilly , blessé à plusieurs reprises pendant le conflit, en ayant connu tous les combats les plus terribles du 120e régiment d’infanterie pendant 4 ans, et qui est mort accidentellement, alors qu’il n’était pas encore démobilisé, en se noyant dans la Moselle en mai 1919 !

En plus des blessures physiques ou de maladies graves, les blessures mentales ont abimé tous les survivants de la Grande guerre. « Ces hommes qui habitaient nos communes, qu’on pouvait encore rencontrer dans les rues, pour certains, dans les années 50 ou 60, et dont nous ne connaissions rien. Des hommes qui avaient connu l’horreur dans leur jeunesse et qui ne pouvaient en parler ». Un des objectifs de l’association est maintenant de les honorer également. L’association entend redéfinir le terme de victime et mener des actions pour honorer les combattants de la Première Guerre mondiale, en retrouvant des membres des familles de ces rescapés de la Grande guerre.

AG 15 février 2020

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